Du temps pour moi

Je ne sais si c’est lié à ces restrictions de mouvements que je me suis imposé comme précautions en ce temps de Coronavirus ou une victoire de ma volonté. Mais ce qui est sûr est que depuis quelques semaines, je lis désormais l’intégralité de tous les articles dont les titres accrochent mon œil.

Comme beaucoup d’internautes (ce n’est pas moi qui le dit et ce n’est pas une excuse), je me contente en règle générale de lire les titres des publications des médias partagés sur les réseaux sociaux- je parle spécifiquement de Twitter dont je fais une utilisation effrénée. Et si le sujet est vraiment intéressé, ce sont les deux ou trois premiers paragraphes que je lis. Jamais plus. Je me suis promis à plusieurs reprises de mettre fin à cette mauvaise habitude. Je n’y arrive pas.

Je ne parle pas d’articles d’actualité qui défilent sans fin sur mon compte Twitter. Mais plutôt des textes longs (quelque fois ennuyants) dont certains ont le secret. Des textes des penseurs, anthropologues, juristes, écrivains, journalistes, bref, des gens qui prennent le temps de transmettre leur pensée par un effort d’écriture.

Au début de ma carrière de journaliste (il y a 10 ans), j’en étais friand. «Rue 89» était alors mon site Internet préféré.

Peu à peu, j’ai perdu l’habitude. Et même si j’apprécie beaucoup les thèmes évoqués dans plusieurs publications de «Slate», je n’avais pas encore retrouvé le goût de la lecture intégrale.

Puis est venu cette quasi-confinement que je m’impose depuis quelques jours suite à l’arrivée du Coronavirus en RDC et des règles de télétravail imposées par mon employeur.

J’ai soudainement retrouvé l’envie de lire des textes longs. Et c’est «Slate» était encore là pour m’en proposer.

Avec cet isolement imposé (plus de bistrot, plus de salles de sport, plus de resto), je lis plus. J’écoute plus (écouter la radio est redevenue mon passe-temps préféré). J’écris plus. Toutes ces choses que je me promets depuis longtemps de reprendre et que je n’arrivais pas à reprendre.

Qu’est-ce qui s’est passé ? Je ne crois pas en une victoire de ma volonté.

Je crois avoir trouvé la réponse dans cet article de «Aleteia» que j’ai lu ce matin.

«La solitude aide à construire en soi-même les règles de discernement qui aident à faire les bons choix», écrit l’auteur dans ce beau texte que je recommande.

Ce confinement a donc un bon effet sur mon moi. Il me permet d’avoir du temps pour moi. C’est vrai que mon épouse vous dira que je suis déjà un grand solitaire. Mais c’est en fait une fausse solitude. Cette solitude des temps modernes où on passe tout son temps devant des écrans qui proposent une multitude des choses les unes plus inintéressantes que d’autres. Mais qui te privent de ce contact avec toi-même.

Cet isolement que je n’ai pas choisi me permet de choisir. Choisir ce que je peux lire. Et le lire jusqu’au bout. Choisir ce que je dois faire. Et le faire jusqu’au bout. Comme écrire ce billet.

Dans l’article que je lisais tout à l’heure dans «Aleteia», l’auteur fait remarquer :

«Connectés à notre désir profond, nous devenons aptes à trier, parmi les sollicitations innombrables qui nous parviennent, ce qui mérite d’être gardé.»

C’est cela l’essentiel pour moi. Me connecter avec moi-même. Aller au plus profond de moi pour trouver ce que j’ai toujours chéri et que je ne parviens pourtant plus à palper du doigt : le silence créateur. Celui qui permet à la volonté de se forger. A l’esprit de créer. A l’âme de se nourrir.

Et si finalement, ce confinement était l’occasion d’avoir du temps pour moi. L’occasion pour moi de «descendre dans [mes] profondeurs pour revenir sur [mes] pieds»…
Et après?

Mais après? Quand ce sera fini le confinement. les mauvaises habitudes ne reprendront-elles pas le dessus? Là encore, j’ai trouvé la réponse dans le texte de ce matin:

«Nous le savons, le confinement ne durera pas et nous redoutons forcément le retour des habitudes sitôt ce temps terminé. Comment en tirer le meilleur bénéfice ? Il n’y a pas de solution toute faite, bien sûr, et les difficultés de la vie ne cessent jamais d’être nos compagnes de route, mais pourquoi ne pas profiter de l’isolement pour engranger au creux de son âme des réserves de calme ?»

Publié par Joël Bofengo

Catholique. Journaliste congolais. Curieux de tout (sauf de gastronomie). Fan de Liverpool FC.

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