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«La Plume de Joël» a 5 ans 

«La Plume de Joël» a 5 ans 

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Hier soir, je suivais avec mes filles le discours qu’Édouard Philippe a prononcé lors de son meeting à Lille. Il se prépare pour la prochaine présidentielle française.

«Pour avancer, il faut travailler…», a notamment déclaré l’ancien Premier ministre français pour qui – ceux qui lisent ce blog depuis un moment le savent – j’ai beaucoup d’admiration.

Il pense juste. Il parle clair. Et ce n’est pas sa seule qualité. Il est de ces esprits qui ne confondent pas la réalité et leurs désirs. C’est rare parmi les politiques. Il est de ces hommes qui pensent que si on agit avec constance et courage, on obtient des résultats. C’est encore plus rare. Le renoncement étant devenu une seconde nature parmi le personnel politique de France et d’ailleurs.

Comme Apollinaire Cibaka ou Youssoupha, Édouard Philippe fait partie de ces personnes qui inspirent la plume qui alimente ce blog.

«Je ne suis pas entré en politique pour accepter l’infini des renoncements et la douceur des arrangements», a lancé M. Philippe devant 1 600 personnes.

Ma fille aînée a applaudi. A-t-elle compris la phrase ? J’en doute. A-t-elle simplement suivi les applaudissements qui montaient de la salle et qu’elle et moi entendions grâce aux décibels de l’enceinte Bluetooth d’où nous suivions le discours ? Je le pense. A-t-elle compris que son papa allait beaucoup aimer cette phrase ? Je finirai par le savoir.

Quand elle sera plus grande, je lui rappellerai cette phrase. Et je lui dirai combien le renoncement est une plaie. Pour les humains et pour leurs communautés.

Il y a cinq ans, je lançais ce blog. Le monde découvrait le Coronavirus. Télétravail. Confinement. Masques obligatoires. Plus de salutations à la main. Plus de bises. Plus de voyages. Le monde basculait dans quelque chose de tout à fait inédit.

Cinq ans après, qu’en reste-t-il ?

Des souvenirs lointains des restrictions que nous ne comprenions pas forcément et qui bousculaient nos habitudes.

De cette période pourtant, je garde deux habitudes auxquelles je n’ai pas renoncé alors même que les confinements successifs étaient levés. Je lis et j’écris plus souvent.

Cinq ans de lecture qui ont nourri ce blog que, chaque année, vous êtes plus nombreux à lire.

«En nourrissant l’imaginaire et la culture, les livres et les films alimentent la machine cachée qui pousse ceux qui aspirent à gouverner, ils donnent des références à des ambitions, du relief à des convictions et des repères à un parcours», écrivent Édouard Philippe et Gilles Boyer dans «Impressions et lignes claires», paru en 2020.

Tous les jours, nous faisons tous l’expérience d’un monde plus difficile et plus imprévisible. C’est dans la lecture que je trouve les raisons de continuer à croire à des jours meilleurs.

Des jours qui n’adviendraient pas comme par enchantement mais parce qu’on y aura travaillé.

Le Congo est actuellement occupé par une rébellion soutenue par une puissance étrangère depuis trois ans. Ce n’est pas une fatalité.

Depuis les années 1970, le Congo ne dispose plus d’une administration efficace au service de l’Etat et des citoyens.

Depuis les années 1970, le Congo vit de manière permanente des crises (institutionnelle, sécuritaire, économique, énergétique, etc.) qui ont ruiné le pays et dont les causes découlent d’un renoncement. Celui de construire l’Etat, «le seul qui puisse garantir la liberté individuelle».

Dans «Divin marché», Dany Robert Dufour écrit : «C’est en effet pour permettre le développement d’un individu libre qu’il faut inventer un individu collectif le protégeant». L’État.

«Pour qu’aucun ne soit soumis à l’autre, il faut et il suffit que tous le soient aux lois.»

Tout ce que j’écris sur ce blog n’est qu’une modeste contribution au débat public. Je crois en la force des idées.

Comme l’écrit encore Dany Robert Dufour dans le même livre, «si rien n’est transmis, il n’y a rien à critiquer». 

Or, précisément, il nous faut discuter, proposer, débattre. Non pas de ces débats sans fin et dont le seul but est d’exposer notre vanité. Ce n’est pas le but de ce blog.

Le but de ce blog n’est pas non plus de répéter les mêmes sombres pronostics.

Car, comme nous prévient Jacques Attali, «c’est très dangereux. Et ce serait une grande faillite de la prévision si elle n’est plus qu’une façon de préparer les esprits à accepter de vivre l’intolérable. Pour l’éviter, il faut ne pas renoncer à s’indigner, à se rebeller.»

«Il est important de croire aux matins et de ne pas croire que la nuit est définitive

Je suis optimiste. Le Congo peut encore s’en sortir. Le sort de l’humanité n’est pas scellé. Nous avons bien vaincu le Coronavirus. En un temps record, des vaccins ont été mis sur le marché. Les confinements ont été levés. C’est bien la preuve que l’être humain est capable du meilleur – même si, et il ne faut pas s’interdire de le reconnaitre, il est capable du pire.

Mais pour cela, il nous faut continuer à croire, à lire, à discuter, à débattre, à imaginer, à créer.

Édouard Philippe a conclu son discours à Lille avec ces mots de Marguerite Yourcenar :

Dans les périodes de crise, de guerre, quand on affronte un mauvais quart d’heure de l’histoire, il ne faut pas regarder sans rien faire cet avenir vociférant et sûr de soi qui voudrait nous faire croire qu’il a déjà gagné alors que nous portons en nous des forces bien plus puissantes de résistance et de création.

Résister et créer. C’est le but de ce blog.

Heureux anniversaire à vous !

2 comments

comments user
Mulenda

Heureux anniversaire @laplumedejoel. Succès et le meilleur pour l’avenir .

    comments user
    Joël Bofengo

    Merciii !
    C’est très gentil.

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