Le PSG ou le culte de la solution miracle

Hier soir, je n’ai pas suivi le match retour des huitièmes de finale de la Ligue des champions qui a opposé le Real Madrid et le PSG. Match remporté par les Espagnols sur le score de trois buts à un. Suffisant pour l’équipe de Carlo Ancelotti pour se hisser en quarts de finale malgré sa défaite à Paris (1-0), il y a trois semaines.

Tout à l’heure à midi, j’ai suivi la seconde période de ce match et le «Debrief» de la rencontre sur Canal +. Pauvres joueurs parisiens !

L’Equipe, quotidien sportif français de référence, titrait ce matin : «PUNI PAR LE ROI».

Pendant le «Debrief» sur Canal +, j’ai entendu les consultants (Olivier Dacourt, Laure Boulleau et Éric Carrière) beaucoup parler de «mental». Selon eux, l’égalisation du Real aurait fragilisé mentalement les Parisiens qui ont ensuite sombré.

PSG, de quoi es-tu le nom ?

Depuis 2011, le PSG est détenu par le Qatar Sports Investments (QSI) qui veut faire de ce club français, somme toute modeste sur le plan européen, «un grand d’Europe».

Et pour y parvenir, chaque mercato du PSG ressemble à une virée shopping.

En 2012, par exemple, le club français fait venir Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva.

Avec des fortunes diverses et sans toujours que l’on sache vraiment la stratégie ayant présidé à leur venue, vont également débarquer dans les vestiaires du PSG, David Beckham, Ezequiel Lavezzi, Lucas Moura, Edinson Cavani, David Luiz, Serge Aurier, Hatem Ben Arfa, Thomas Meunier, Giovanni Lo Celso, Grzegorz Krychowiak et même Jese (ces quatre lettres sont la seule chose que je connais de ce joueur).

Mais c’est à partir de 2017 que le PSG commence ses folies sur le marché de transferts.

Le Brésilien Neymar quitte le Barça pour plus de deux cents millions d’euros. Pour le prodige du foot français Kylian Mbappé (18 ans), ce seront 180 millions d’euros.

Avec ces joueurs, «le PSG a passé un cap», entend-on dire dans les médias français. Le successeur désigné de Lionel Messi et le «prince de Bondy» sont ce qui manquait au club de la capitale française pour décrocher la Ligue des champions, devenue l’obsession du PSG.

La valse des entraîneurs

Remporter la Ligue des champions est devenue une telle obsession que tout entraîneur recruté par le club sait son avenir déterminé par ce seul but.

En dix ans, six entraîneurs se sont succédé sur le banc parisien : Kombouaré, Ancelotti, Laurent Blanc, Unai Emery, Thomas Tuchel et l’actuel Mauricio Pochettino.

Comme pour les stars sur la pelouse, à l’arrivée de chaque nouvel entraîneur, il est annoncé que le club va « franchir un nouveau cap». Il n’en est rien.

Certes, le PSG n’est pas passé loin du sacre européen en 2020 face au Bayern. Mais le club français n’a toujours pas remporté de titre européen. Contrairement à certains des coachs qu’il a virés :  Ancelotti (Real Madrid), Unai Emery (Villarreal) et Thomas Tuchel (Chelsea).

Messi

Ce qui est bien dans le foot (comme dans la vie), ce qu’à la fin, seule la réalité du terrain impose sa vérité. Les opérations marketing et toute la science de la communication ne changeront jamais cette évidence.

Quand le PSG officialise l’arrivée de Lionel Messi en 2021, la planète foot est sens dessus dessous. Qui, plus que lui, peut permettre au PSG de réaliser son grand rêve européen ?

L’homme est là. Le Messi. Celui qui a fait les beaux jours du Barça va définitivement faire entrer le PSG dans une autre dimension.

Le Real Madrid a mis fin à la farce hier soir.

Dans le «Debrief» sur Canal +, Habib Beye a estimé que le club français devrait se remettre en question.

Il n’est pas trop tôt. Car après 10 ans d’investissements fous, le PSG devrait revoir sa stratégie. La solution miracle dans le foot n’existe pas. Dans la vie non plus, d’ailleurs.

L’argent n’achète pas tout

Acheter un joueur dans l’idée de faire changer un club de dimension est folie. Le football est un sport collectif. Pour gagner, il faut une conjonction de facteurs. Et il vous faut surtout une équipe.

Le Real Madrid de Zidane, Beckham, Ronaldo, Figo et Raoul avait déjà fait la preuve par l’expérience qu’une constellation de superstars ne fait pas forcément une équipe.

Au début de cette saison, en plus de Messi, le PSG s’est notamment offert les services de Gianluigi Donnarumma (Milan), Sergio Ramos (Real Madrid), Achraf Hakimi (Inter Milan), Danilo Pereira (Porto) et Georginio Wijnaldum (Liverpool FC).

L’arrivée de Donnarumma crée tout de suite le malaise. Le PSG dispose déjà d’un excellent gardien, Keylor Navas. L’entraineur est obligé d’instaurer une rotation. La prestation de l’Italien dans le buts parisiens hier va certainement conforter ceux qui pensent que «Le mieux est l’ennemi du bien».

Georginio Wijnaldum, joueur clé de Jurgen Klopp à Liverpool FC où il a remporté une Ligue des champions, n’a pas joué une seule minute lors de cette double confrontation face au Real Madrid.

Je ne parlerai pas de Sergio Ramos. On ne tire pas sur une ambulance.

«Yakafokon»

Le culte de la solution miracle a envahi tous les espaces de la société humaine. Au travail, en politique, en famille, nous sommes de plus en plus enclins à accepter sans esprit critique des recettes qui nous sont présentées comme devant répondre, comme par magie, à tous les problèmes.

La réalité du monde et ses problèmes sont par définition complexes. Les réponses à ces problèmes sont nécessairement complexes.

Les réseaux sociaux et les plateaux de télé sont remplis des personnes qui ont réponse à tout et tout le temps : Coronavirus, guerre en Ukraine, réchauffement climatique, pauvreté, etc.

Ce sont les tenants du «yakafokon». Leurs phrases sont ponctuées de «il n’y a qu’à, il faut qu’on» pour proposer des solutions faciles à tous les problèmes du monde.

Faire d’un club banal comme le PSG un grand d’Europe exige de la patience et du travail sur la durée. Je ne doute pas que le club parisien sera champion d’Europe un jour. Mais pour cela, il faut laisser à l’entraineur le choix de définir une stratégie, de proposer à ses joueurs une philosophie de jeu et, ensuite, recruter par petites doses des joueurs qui entrent le mieux dans son schéma de jeu. Ça demande du temps, de la patience, de la rigueur, du caractère. Mais ça marche. C’est un supporter de Liverpool FC qui vous le dit.

Dans la vie comme dans le foot, «tout ce qui est destiné à durer croît lentement».

Bon courage aux amis parisiens !

Illustration : © Nicolas DUPREY/ CD 78

Publié par Joël Bofengo

Catholique. Journaliste congolais. Curieux de tout (sauf de gastronomie). Fan de Liverpool FC.

2 commentaires sur « Le PSG ou le culte de la solution miracle »

  1. Je partage ton avis à ce sujet. PSG doit revoir sa stratégie. Ne me dis pas : et le barca alors? Vu que j’en suis fan. Je pense que c’est aussi le cas pour le barca. Une remise en question est nécessaire.

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