La décision de la Daronne : je te laisse le choix…

-Tu peux partir…

-Quoi ? Moi, partir ? Tu es devenue folle. C’est ma maison ici.

-Réfléchis bien avant de parler.

-Ah, c’est donc cela ? Madame oublie que nous sommes une famille et que nous mettons notre argent ensemble pour élever les enfants et vivre décemment.

-Nous avons arrêté d’être une famille le jour où tu as commencé à utiliser les ressources de la famille pour entretenir tes maîtresses.

-Et, toi ? Je te rappelle que tu entretiens un jeune homme qui vit dans la même parcelle que nous. Je vais tuer ce garçon.

-Ose toucher un seul de ses cheveux. Tu verras.

L’ambiance était électrique chez les Masudi depuis les retrouvailles lors de la cérémonie de présentation de Deblaison dans la famille de Wivine.

Alors qu’il avait annoncé à son épouse qu’il était en mission de travail à Boma pendant tout le week-end pour pouvoir passer du temps avec Éliane, Paul était revenu au domicile conjugal la même nuit dès la fin de la cérémonie. Juste après le départ de Valentine et de son compagnon, Paul Masudi est monté dans son gros 4×4. Une demi-heure après, il était chez lui. Il ne trouve pas son épouse qui arrive deux heures après.

-Tu était où ?

-Ça ne te regarde pas.

-C’est comme cela que tu me réponds. Je vais te chasser de cette maison.

-Ne dis pas de bêtise.

-Et où est ton petit jouet ? Il a fui ?

-Un. Ne parle pas de Ted avec ces mots-là. Deux. Contrairement à toi qui les collectionnes, moi je n’ai pas d’objets sexuels. Trois. J’aime ce garçon. Et tu vas bientôt t’en rendre compte. Quatre. Souviens-toi de ce que je te dis depuis un certain temps : je peux supporter les infidélités, pas la trahison. Tu as franchi la ligne rouge. Tu as trahi notre famille.

Paul ne savait pas que son épouse était au courant d’une magouille qu’il avait orchestrée avec l’aide d’Éliane. Le couple Masudi garde une bonne partie de son argent à «Mosolo bank». C’est dans cette banque que les deux époux logent l’argent qui finance la scolarité de leurs deux enfants en Afrique du Sud. Pour financer son train de vie de plus en plus élevé à cause des caprices d’Éliane, Paul avait retiré, à l’insu de son épouse, 40 000 dollars américains de ce compte.

C’est par un jeu de circonstances que Valentine a découvert la magouille. Le lendemain du jour où sa meilleure amie lui a rapporté les photos de Paul et Éliane, Valentine reçoit un coup de fil d’Afrique du Sud. Sa fille, Rosine, l’appelle en pleurs, lui annonçant que la personne chez qui elle loge avec son frère les menace de les mettre à la porte.

-Calme-toi Rosine et explique-moi ce qui se passe. Je ne comprends pas.

Difficile effectivement pour Valentine de comprendre comment ses enfants manquent de quoi payer un loyer de 500 dollars américains. Lors de son dernier séjour en Afrique du Sud, elle avait remis à sa fille une carte bancaire liée au compte de «Mosolo bank» qu’elle devait utiliser pour payer leurs frais académiques et le loyer. Le compte disposait de 65 000 dollars américains. La dame est donc interloquée d’apprendre que dix mois plus tard, ce compte était désormais vide. Ses deux enfants paient au total 20 000 dollars par an pour leur scolarité. Où sont passés les 40 000 dollars restants ?

Dans l’immédiat, Valentine encaisse. Elle téléphone à l’une de ses amies en Afrique du Sud qui règle rapidement l’affaire du loyer.

Quand elle jette un coup d’œil sur le compte bancaire sur le site Internet de «Mosolo bank», elle ne remarque rien. Éliane s’est arrangée pour que le retrait de son compagnon ne soit pas visible en ligne. Paul s’était engagé à rembourser les 40 000 dollars dans les 10 jours. Il comptait sur sa part dans la vente d’une parcelle familiale. La veille du versement de cet argent, l’acheteur change d’avis. Il n’achètera plus la parcelle. L’affaire capote. Paul ne peut plus rembourser.

C’est un mois après quand Valentine commence à fréquenter Ted que la dame a la réponse à son questionnement. Un soir, pendant que les nouveaux amoureux partageaient un verre de vin, Valentine dit à Ted son incompréhension au sujet de cette carte bancaire qui ne marche pas en Afrique du Sud. Le jeune banquier ouvre son ordinateur portable et se plonge dans le compte.

-Quelqu’un maintient artificiellement ce compte à flot. Il est vide. Il y a eu un retrait de 40 000 dollars américains. C’était toi ?

-Non. Mais je sais qui a fait ce retrait.

-Quelqu’un de la banque l’a aidé.

-Tu m’avais dit que mon époux sortait avec ta copine. Elle travaille dans la même banque que toi ?

-CQFD.

C’est cette conversation qui avait fini par décider Valentine à mettre fin à son mariage. Elle n’a parlé de sa décision ni à son époux ni même à Ted. Ce dernier est encore persuadé que la Daronne se sert de lui pour se venger d’un mari volage. C’est plus que cela.

Après l’incident de la pré-dot de Deblaison, Valentine est insensible aux récriminations répétitives de son époux qui la menace chaque soir tantôt de la faire partir du toit conjugal, tantôt de s’en prendre à Ted. Elle a loué un appartement pour son jeune amant afin de l’éloigner de son époux. Mais elle le rassure : «Ne crains rien. Il ne fera rien. C’est moi la patronne».

Un soir, Valentine, fatiguée des cris et des vitupérations de son époux, le fait asseoir et lui assène :

«Mon cher ami. Tu es le seul à t’être mis dans la tête que tu es le chef de quoi que ce soit. Cette maison m’appartient. La ferme de Kinkole est à moi. Les deux gros 4×4, c’est moi qui les ai achetés. Alors, tu vas te calmer. Je te laisse le choix. Tu t’es méconduit. Désormais, tu vis ta vie et tu fais ce qui te chante. Et moi, je fais ma vie. Officiellement, on reste mariés. Mais c’est fini entre nous. Deuxième choix : on se quitte officiellement. Tu prends les quelques habits et chaussures qui t’appartiennent. Je te laisse aussi la Prado blanche que j’ai achetée et dans laquelle tu ne te gênes pas d’embarquer des jeunes filles aux mœurs légères. Tu as 24 heures pour réfléchir.»

Publié par Joël Bofengo

Catholique. Journaliste congolais. Curieux de tout (sauf de gastronomie). Fan de Liverpool FC.

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